Google trad

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pour Pat

Notre logeuse ne parlant que Croate, un peu allemand, ce qui n’avance à rien, on utilise google trad pour dialoguer.

échange de sms hier soir :

Elle : Madame Isabella, je vous dis que nous ne pouvons pas rentrer chez nous ce soir. Vous partez demain. Ana House Buric

moi :  Želimo napustiti ponedjeljak (nous voulons partir lundi) to više nije moguće? (ce n’est plus possible ?)

Elle : il est possible de se sentir à la maison bonne nuit

Bon on verra tout à l’heure s’il faut qu’on remballe 🙂

 

 

Jour 13 Simuni – Otocac (Croatie)

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Nous avons quitté Simuni, et plutôt que de faire route inverse sur cette grande presqu’île, nous avons opté pour le ferry. Ça manquait, non ?

Le bout de la presqu’île est désertique, plus on avance plus la végétation disparaît, il ne reste que des cailloux et des cailloux.

[Leon] Cette région est chrétienne et il faut être aveugle pour ne pas le voir !

Mais ne serait-ce pas notre ferry ? 42 euros pour le Toy, sa remorque et ses 2 passagers pour à peine 30 minutes de traversée. Mais quel plaisir de voguer ainsi sur les flots sans être malade comme un chien ! 

Mais en arrivant de l’autre coté, un tout autre spectacle nous attend, une fois de plus. 

Des feux de broussailles, encore et toujours. Mais contrairement à ce que l’on a vu plus au sud où les moyens sont dérisoires voire inexistants, ici, au Nord près de la frontière italienne et des touristes en nombre, on utilise un Canadair. 

On le voit faire ses rotations, un premier passage pour “voir”, un deuxième passage pour le largage et retour en plongée vers la mer pour l’écopage. 

Nous mangerons dans la petite ville de Senj dans un restaurant surplombant cette mer d’un bleu intense. Et d’une transparence ! Ah, si seulement la Croatie possédait des plages de sable fin ! Mais non ! Au mieux, on a droit à une sorte de gravier, au pire à des rochers coupants !

Et les îles, ces îles qui pourraient être paradisiaques, idylliques mais qui ne sont que désertiques et inertes… Pas un cocotier, pas un troquet, pas une Mobylette, rien… Comment voulez-vous vivre d’amour et d’eau fraîche sur ces cailloux arides et infertiles !

Par contre, sur la côte, alors là, ya du touriste, de l’allemand, de l’autrichien, de l’italien et de l’ex-pays de l’Est (slovène, croate, bosniaque, tchèque et slovaque).
D’ailleurs, on a trouvé un nouveau jeu : nos interlocuteurs nous parlent d’abord en allemand puis nous demandent si nous sommes anglais. Au mot “français” ou “french”, on a droit à une grimace avec un sourire de désolation et ils repassent soit à l’allemand (comme notre logeuse de ce soir) soit à l’anglais.  Et nous, ça nous fait marrer 🙂

Notre logeuse parce que nous avons pris gout au logement chez l’habitant(e). Faut dire qu’hier soir à Simuni, camping de 900 places, une promiscuité dérangeante et une saleté qui ne l’était pas moins, c’était intenable. Bref, on voulait rester (et on a payé pour) 2 jours, on est reparti dès le lendemain matin à l’aube !

Mais ici, dans ce petit village de basse montagne (Otocac), on se sent bien alors on va  y rester 2 ou 3 jours. Ou 4, qui sait… Et on va peut-être le trouver, ce fameux sceptre d’Ottokar. A suivre donc.

Jour 12 Misevici – Simuni

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Après des au revoir difficiles avec notre hôte (pas vraiment envie de partir), nous avons pris la route du nord, pour aller jusque Simuni, sur une presque-île au dessus de Zadar. On a pris l’option Croatie, les routes de Bosnie étant trop mauvaises pour enchaîner les kilomètres.  Arrivée sans encombre (être attentifs à la route, parfois c’est chaud) et installation dans un camping en bord de mer. J’aime pas. trop de monde.

Partout sur notre route, des incendies au loin ou des traces d’incendie récents. Quelle désolation ! En Bosnie, cela faisait 4 mois et demi qu’ils n’avaient pas vu une goutte d’eau.

 

Le sud de la Croatie était vert, des pinèdes, des forêts, ici, c’est beaucoup plus cramé, limite désertique.

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Jour 11 – Stolac (Bosnie Herzegovine)

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Aujourd’hui, nous devions visiter des vieilles pierres tombales médiévales à Stolac. Environ 60 km de notre camp de base.

  • On a mis 5 heures pour faire 120 km. On s’améliore 🙂
  • On a découvert la route nationale à Bullet (RNB)
  • Celle ou deux véhicules ne se croisent pas
  • Celle ou tu croises des troupeaux régulièrement
  • Celle ou, tu passes, et les arbres sont encore en feu sur le coté de la route !!!! (euh….. et ensuite tu croises un calmion citerne avec le logo inflammable dessus….hallucinant)
  • On oublie les cailloux (pas graviers, hein, cailloux étalés dans les virages)

La fameuse route nationale est limitée à 30, parfois 40 ! et nous jeunes voyous que nous sommes avons parfois fait des pointes à 50 !!! si si !!!!

L’aller retour difficile, sous la chaleur revenue, et on a même pas trouvé les tombes. Sur place nous avons demandé plusieurs fois notre route, et chacun nous envoyait à l’opposé de l’autre :). On a fini par laisser tomber. On a même pas mangé ! c’est dire 🙂

Bilan de la journée :

RNB  2 – Bullet 0

  • patte de fixation du pot de la rouge cassé (réparé avec du fil de fer)
  • rivet pop cassé sur protection pot de la chrome (réparé avec ficelle)

A Stolac, les mêmes stigmates qu’a Mostar, et la nature qui reprend ses droits parmi les maisons bombardées et abandonnées.

 

Nous quitterons notre petit logement chez l’habitant demain matin. Un havre de paix au milieu des montagnes, avec piscine (quand même)

Aucun bruit, si ce n’est l’un des deux ânes qui se lâche de temps en temps.

et puis des poules, des lapins, des canards, un chien, un chat 🙂

des piments, des figues, du basilic, j’en oublie plein !

et on mange…. bien !

On remonte plus au nord….. (snif)

 

en apparté

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J’ai compris la malcomprenation de l’histoire du ferry : il y a deux stari grad……

pfuuuuuu….. c’est que pour perdre les pauvres touristes 😉

 

 

Jour 10 – Muraille de Chine

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c’était pas si loin, alors on a craqué……

mais non, c’est pour voir si ça suit 🙂

On a pris nos petites bullet, et on est partis en rando sur la presqu’ile de Peljsac. Et à l’entrée, surprise, 5 km de murailles sur la montagne, surprenant !

On a commencé par faire le plein à 0.90 centimes le litre : le paradis du motard !!!! enfin le prix du carburant et les paysages, parce que les routes…. C’est pas compliqué, au premier feu rouge, Léon et moi on a posé le pied par terre, si on l’avait posé sur une savonnette çà aurait fait pareil !!!! rappel, nous sommes en Bosnie, nous sommes équipés, et nous sommes les seuls à l’être : les autres roulent sans casque, sans gants, en tongs, en short… sans rien….

On a passé la frontière, et filé vers notre destination, et c’était bonheur sur deux roues. Des petites routes superbes, des paysages à couper le souffle, on se serait arrêtés tous les 50 mètres.

 

On voulait rentrer par ferry, pour le fun, mais bon, les horaires c’était pas çà, alors on a fait (avec grand plaisir), la route en sens inverse.

Le tout sous un petit vent hyper agréable, bref, super journée.

re-passage de frontière, j’étais devant et je ne me suis pas arrêtée au contrôle de police. bin ouais quoi ? ca fait je ne sais pas combien de fois qu’on sort nos papiers ces jours ci :))))))

Ils ne nous ont pas poursuivis pour autant 🙂

L’autre gaffe de la journée ? comme souvent on nous sert le plat (viande) sans accompagnement, j’ai, machinalement, commandé des frites avec mes pâtes aux fruits de mer :))))) MDR

 

 

 

Jour 9 Mostar – Kravica – Agrutorizma Mastuko Misevici (Bosnie Herzegovine)

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Ce matin, nous quittons notre hôtel entouré d’un coté par une mosquée, de l’autre par une église….

Laquelle église, je m’en suis rendue compte ce matin, est protégée par une double façade : d’ailleurs vous a t-on parlé des portes de chambres de notre hôtel blindées avec œilleton ?

Direction Kravica, et ses chouettes cascades, d’une largeur de 120 mètres et d’une hauteur de 26 mètres :

Un très beau site !!! ps: je reprendrai les photos à la maison, tout à l’heure je ne voyais rien avec le soleil 😉

Puis nous devons rouler un peu, 80 km, pour rejoindre l’agrotourism Matusko, logement chez l’habitant, que nous avons réservé.

Autour de nous, nous voyons au loin plein de fumées d’incendies dans les montagnes, effectivement le vent s’est levé et le risque doit être élevé.

Nous prenons pourtant des routes notées “rouges” sur ma carte, mais….

Deux véhicules ne se croisent pas à allure normale !

Notre route nous amène sur un des foyers d’incendie :

qui se rapproche :

Nous sommes passés environ 100 mètres du front du feu ! personne pour faire la circulation, juste une personne qui nous a fait signe que ca passait… j’avoue je n’étais pas fière….  C’est impressionnant. On passe de l’autre coté de la montagne et on se rend compte que çà vient juste de brûler par la 🙁

Quand je repense à tous ces foyers que l’on a vus au loin, il y a un paquet d’hectares qui sont partis en fumée ! ah oui… sur ce foyer, nous avons vu deux véhicules de pompiers, juste en surveillance à la descente.

Nous arrivons chez notre hôte, une chouette petite chambre dans une ferme avec piscine. Et ce soir, il nous a cuisiné un plat local. De l’agneau et des pommes de terre cuites  à l’étouffée sous de la braise ; délicieux !

Pour finir, le coucher de soleil pour ce jour ?

Jour 8 – Mostar part 2

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[leon] Mostar. Un souvenir d’un journal télévisé, bien sur. Des images de combats, des snipers tirant sur de vagues formes humaines, histoire de ne pas choquer le téléspectateur occidental. Kouchner aussi. Pas de commentaire. Et puis l’oubli. Enfin pas totalement, car l’image d’un pont transpire à travers ces souvenirs. Ah oui, des hommes qui plongent de ce pont reconstruit, symbole d’une réconciliation. 

Le passage de la moderne Croatie à la Bosnie Herzegovine est surprenant : on sent tout de suite une grosse différence de niveau de vie avec son cortège de nouveaux riches au volant de Mercedes. Mais l’arrivée à Mostar révèle une autre facette de ce drole de pays, son fort attachement à la religion. Des églises bien sur et des mosquées. Serions-nous au carrefour de l’Orient et de l’Occident ?

A l’approche de ce fameux pont, la question devient criante : des curés, des religieuses, des tchadors, de simples voiles, des burkas et les marchands du temple, animateurs à l’occidental d’un souk à l’oriental. Tout est mélangé, on ne s’y retrouve plus, que fait ce curé en robe bleue accompagné de cette femme en pantalon blanc et corsage rouge ? Que fait cette fille avec cette jupe ras la moule à coté de celle-ci  recouverte d’un drap noir ?

Et puis ces bibelots fabriqués à l’aide de balles de Kalachs… Nauséabond ? Malaise assurément. Mais ces murs criblés d’impacts de balles justement nous rappellent que cette ville, ces habitants ont vécu sous la mitraille, sous les mortiers et autres lance-roquettes.

Malaise oui. Comme lorsque l’on visite Oradour sur Glane. Ou que l’on m’a raconté les années noires en Algérie par ceux qui ont vécu ces événements.

[Isa] On avait dit qu’on écrirait ce morceau à 4 mains, mais Gérard a totalement résumé mes pensées. En tous cas, grosse surprise après ce passage de frontière, et l’arrivée sur cette ville presque orientale. whaou . Stupéfaction de la prise de conscience au vu des stigmates de la guerre, datant d’une vingtaine d’années, et encore tellement présente.

Pourtant cette ville essaie de renaître, comme le sous-entendent  ces  cadenas d’amour, accrochés au pont qui fait face au Stari Most.

ps : des personnes d’une extrême gentillesse prêtes à se plier en 4, par exemple, le maître d’hôtel qui m’a spécialement mis en route les jets d’eau, juste pour me faire plaisir 🙂

 

 

Jour 8 Omis – Mostar Part 1 (Bosnie Herzegovine)

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Orage dès le matin, nous prenons la route de Mostar tout à l’heure.

On traverse donc cette jolie petite ville d’Omis coupée en deux par une rivière, c’est bucolique à souhait quoique les rues soient très encombrées. Sur les bords de cette rue, des marchands de fruits et légumes font preuve d’imagination et de créativité : leurs étals sont des montagnes de raisins, de pastèques, de pêches mais impossible de s’arrêter pour faire une photo. En désespoir de cause, on décide de prendre une petite route longeant cette rivière, il va nous falloir faire demi-tour, pas très facile avec cette circulation et ces interdictions dans tous les sens. Chic, une route part à gauche et semble passer derrière les marchands et leurs montagnes de fruits. Vous avez noté le “semble” ? Rue étroite, virage TRÈS serré et qui monte. Pas grave, on continue. De toutes façons, on n’a pas le choix.
Oh, t’as vu ces piétons qui vont à la plage ?
On est quand même très haut, il y a peut-être des escaliers….
Oui, il y a des escaliers pour les piétons.
Bon, alors on continue à monter par cette toute petite rue, presque à sens unique, ça arrive bien quelque part. Ben oui, dans un cul de sac. Dételer la remorque sur cette rue en pente ? Je (Léon) le sens mal et vais reconnaître à pied le bout du chemin et miracle, un espace grand comme un mouchoir de poche permettrait (oui, conditionnel) de faire demi-tour avec la remorque. Avec Isa comme guide, ça prendra en fait une vingtaine de minutes, cm par cm, parfois au millimètre avec l’aide d’un croate qui me donne des indications en croate (!?) mais charmant le gonz.

On reprend donc la “bonne” route et comme on dit “Eric Boudinet Approuved”.

Il est presque midi, on a soif, on est au milieu des montagnes, mais un tout petit village apparaît avec son auberge et… MANGER !

Le mouton de ces montagnes est délicieux, on se régale en entendant des bruits sourds derrière nous. Mais que se passe-t-il ? Ah oui, le petit frère du mouton à droit aussi à festin.

Sur notre route, des hectares et des hectares de montagne brulée, partout…

et nous arrivons à la douane. Ca ne rigole pas, contrôle poussé des papiers des véhicules (voiture + remorque + moto) question : vous allez revenir avec ? (sous entendu les motos). On a du bol jusqu’à maintenant, çà c’est bien passé.

La suite, l’entrée en Bosnie, la ville de Mostar fera l’objet d’un part 2.