Ce matin avec Isa, nous avons visité ce théâtre antique perdu au fin fond d’une zone où les touristes ne vont pas. Effectivement, nous y étions les seuls visiteurs. Pas tout fait en réalité car une chèvre se promenait nonchalamment au milieu des ruines. Au moment de partir, un gars arrive sur un genre de Mobylette avec une fourche le long du cadre, les piques vers l’avant et non protégées bien sûr. Et il tourne autour de la chèvre, histoire de la rediriger vers son havre de paix. Mais tranquillement, sans hâte.
Alors nous aussi, nous nous sommes dirigés sans hâte vers le village le plus proche, le besoin du café frappé du matin se faisant urgemment sentir à 11h00 du matin. Au milieu du village, une place libre et à l’ombre près d’un troquet attire irrésistiblement notre véhicule, le Toy s’y love amoureusement. Quant à nous, une table libre nous tend ses bras.
Et on attend.
Autour de nous, quelques habitués sirotent leur bière ou leur café en papotant doucement. Le calme. Un vieux pickup est garé près du carrefour, sa benne pleine de pastèques et de melons et son patron discute au téléphone, s’occupant parfois d’un client ou d’une cliente. C’est à lui que nous achèterons une délicieuse boule verte et rouge.
Nous attendons toujours de passer commande mais nous sommes bien sur cette terrasse ombragée, à regarder les passants, les commerces alentours mais nous n’avons pas encore vu le serveur.
Alors, nous attendons.
Un vieux monsieur s’approche de notre table, un vieux monsieur, dos courbé sous le poids des ans, la peau ridée et tannée par le soleil grec. Il a un vieux chiffon à la main, nous lui disons bonjour, il essuie notre table et nous pose une question. En grec… On lui répond en français, en anglais et en italien. Sans succès de compréhension. Il appelle un client d’une table voisine, je m’approche du gars qui me parle en allemand. Je lui dis que je suis français, regard d’incompréhension. Je répète en anglais et il me désigne son copain de table qui fera office de traducteur avec le vieux monsieur : 2 café frappé, sans lait mais sucrés.
Et le petit vieux de partir dans son antre, clopin-clopant. Je le suis avec la ferme intention de repartir avec le plateau. Mais non, il me renvoie à ma table. Et y revient qq minutes plus tard avec son plateau et les 2 verres de café frappé et un monnayeur à pièces, comme nous en avions au début des euros, vous savez, ce truc en plastique où l’on pouvait ranger les pièces en euros par type de pièce.
Au bout d’un moment, un taxi Mercedes manœuvre autour du carrefour. Le gars qui parlait anglais me fait signe que je suis garé sur la place du taxi. Et me désigne un endroit où je peux poser le Toy. Ce que je fais. Tout ce passe tranquillement, sans engueulade parisienne, sans énervement. Nous sommes les seuls touristes dans ce village du bout du monde et l’on va y faire nos courses, le boulanger, le boucher. En échangeant avec chacun, avec un sourire, avec bienveillance. C’est reposant, apaisant.
Nous sommes dans la Grèce profonde, loin des plages bondées de touristes, loin des sites de la Grèce antique surchauffés par le soleil, ici c’est la Grèce authentique, celle que l’on a aimé il y a 10 ans et que l’on aime encore aujourd’hui.

On la voit bien la place et le petit village ! On voit aussi l’ambiance au café à l’ombre et les clients cools !
On a l’impression d’avoir fait les courses avec vous ! D’ailleurs ce soir on passera chez vous pour un pt apéro avec des morceau de la divine pastèque !
Merci pour ce récit Gérard…j’avais l’impression d’y être !
J’ai visité Paros et Naxos en 1988…il n’y avait quasiment aucun touriste, on mangeait super bien pour 3 fois rien….ça doit avoir bien changé maintenant.