Il y a 3 jours, nous voulions donc louer un bateau, assez grand mais pas trop. Nous en trouvons sur le site Click&Boat, siège double au niveau du pilote, GPS, sondeur, gilets pour tout le monde, bref tout ce qu’il faut pour être sécure. Oui mais voilà, Isa est un peu souffrante, donc on reporte pour dimanche. Bah oui mais le bateau choisi n’est plus libre, le loueur nous en propose un autre plus petit et moins cher pour une journée. Ah bah non plus, on choisi donc un dispo : 6.20 m avec un moteur 4 temps de 40 CV. Ca ira.
Ca ne va pas tout à fait, pas de GPS, pas de sondeur, pas de gilet, juste une bouée. Bon, vu la météo et la mer plate, ça devrait le faire. Et le mec de nous faire des recommandations sur une carte genre carte routière, ici pas moins de 400 mètres de la côte, là ce sera 100 m, et puis là 300 m et encore là 30 m et enfin ici, pas moins de 70 mètres. Prise en main de l’engin et de la carte.

Et nous voilà parti, Isa n’est pas très à l’aise mais dans le port, il y a du trafic, un bateau nous double, un autre entre dans le port, un coup à droite, un coup à gauche, Isa est de moins en moins à l’aise. La sortie du port approche, les vaguelettes se creusent, « surtout tu n’accélères pas ! » et on reste aux 3 nœuds réglementaires, Isa est crispée et décrète « ramène-moi au port ! ». Ce qui fut fait illico presto, Italie oblige.
Je passe par décence sur la remontée sur le quai…
Mais Isa me renvoie à ma chère patrie : la mer (c’n’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme… ). Et je pars, cheveux aux vents, pas d’Embrun car nous sommes en Sardaigne (vous l’avez celle-là ?). La mer est belle, l’eau est transparente, on est dans les Caraïbes !

En continuant entre le Cap Falcone et l’ile Piana tout en faisant attention aux nageurs, je redescends vers le sud, vers les falaises.

Je n’ai pas osé m’aventurer dans la grotte, même si je m’en suis bien approché mais tout seul, sans connaitre le bateau, on va pas faire le con.
Et je remonte tranquille vers l’ile d’Asinara et sa zone protégée car parc naturel. La Gauardia Costa fait le guet et n’hésite pas à mettre des amendes plutôt salées (de 1000 à 5000 euros !) si l’on passe la ligne rouge (revoir la carte). Donc me voilà entre l’ile Piana et l’Asinara, moteur au ralenti et je fais des photos de la vielle tour.

MAIS, je me suis un peu trop rapproché de l’ile Piana pour ne pas risquer l’amende et l’embase du moteur (celle qui protège l’hélice) a délicatement frotté sur les rochers situés à 60 cm sous l’eau. Pas grave mais quand même, ça a touché. Pas glop.
Afin de vérifier les dégâts, je vais vers le large à petite vitesse, pas de vibration anormale, je stoppe le bateau, moteur à l’arrêt et je le remonte, histoire de regarder de plus près ce qui a frotté. Il y a une trace, oui. Pas grave mais il y a une trace. Je redescends le moteur et… impossible de le remettre en marche. Impossible. Je suis au milieu de la mer, à plusieurs miles du port et le moteur est en panne ! ! ! Après plusieurs essais (minutes) et tests en tous genres, il redémarre. Bah oui, au point mort, ça démarre mieux ! Andouille !
Retour au port après la virée, le loueur me décompte la réparation, bon, normal.
Mais ce fut une chouette après-midi. J’adore la mer, être en mer. C’est pour moi comme être dans le désert : au milieu d’une immensité de nature et se sentir vivant, responsable de ses actes. Toujours de grands moments.
Synthèse : En France, nous avons des cartes marines détaillées, des équipements de sécurité obligatoires et présents car contrôlés régulièrement par les autorité marines. Les bancs de sables, les rochers et autres dangers sont signalés par des bouées dont la couleur et la forme indiquent où est le danger et par où l’on doit passer, un chenal est également matérialisé mais ici en Sardaigne, rien, que dalle, démerde-toi.
Signé : Capitaine Fracasse 🙂
PS : y’ma piqué mon pseudo, mais c’est pas Isa qui écrit 😉
