Épilogue irlandais 2022

Ben voilà, je reprends les bonnes habitudes en me chargeant de l’épilogue consacré à nos trois semaines irlandaises.

La traversée

Oui, l’Irlande est une île et donc, la traversée en bateau est obligatoire. Traverser la mer d’Irlande, le Fastnet.

Le Fastnet 1979. A cette époque, je faisais de la voile depuis 8 ans déjà, les voiliers me fascinaient et les marins de cette époque étaient des légendes : Eric Tabarly, Olivier de Kersauzon, Philippe Poupon, Florence Arthaud, Alain Colas, Bernard Moitessier, Isabelle Autissier, liste non exhaustive comme on dit. Durant l’été 1979, la course du Fastnet a marqué d’une pierre noire l’histoire de la course à la voile. Le Fastnet est un rocher surmonté d’un phare à la pointe sud de l’Irlande, pas très loin de Mizen Head. La course consiste à en faire le tour en partant de Cowes en Angleterre et retour à Plymouth.

Mais cette année-là, une violente tempête a décimé les concurrents. Sur 806 participants, seuls 86 seront classés à Plymouth, 75 bateaux chavirent, 5 coulent corps et bien et malheureusement, on déplore 18 morts.

Lors de mon premier voyage en Irlande il y a une trentaine d’années, l’aller et le retour se déroula dans la cabine, un seau à portée de main. Oui, le mal de mer, violent le mal de mer. En mer d’Irlande.

Alors cette fois-ci, Mercalm n’étant pas médicalement indiqué, j’ai tenté l’hypnose. Bon, ça n’a pas marché, je me suis endormi ! Et pourtant, je n’ai pas été sujet au mal de mer, ni à l’aller, ni au retour. Donc, ça a marché !

Le parcours

Arrivant à Cork, il est tout indiqué de partir vers le sud en longeant la côte puis de remonter par l’ouest vers Galway et le Connemara et enfin, retour à Cork en passant par Dublin. En arrivant sur place, on a découvert qu’une route fait ce parcours en longeant la côte, la Wild Atlantic Way, avec une signalétique reprenant les initiales de cette route. Et oui, les mots en italiques sont du gaélique.

Lors de la préparation du voyage, nous nous sommes est vite rendu compte qu’il nous fallait réserver nos hébergements, ce que nous avons fait. Et bien nous en a pris ! En effet, au fil des jours, les disponibilités s’amenuisaient avec une augmentation des prix, le tout en lien avec une affluence de touristes ! Donc, Bed & Breakfast en majorité mais aussi trois hôtels avec piscine, histoire de se ressourcer. Là, ce fut une erreur. Les hôtels sont très chers, environ deux fois plus chers qu’un B&B.

Très vite, les réservations se sont enchainées, le parcours prévisionnel s’est affiné pour un total de 3000 kms. Mais évidemment dans la réalité, dès qu’une petite route se dirigeait vers un coin nous semblant digne d’intérêt, le compteur kilométrique s’envolait pour un total irlandais de 4300 kms. Sur 21 jours.

Ce parcours et ces réservations, il a fallu les graver dans le marbre à l’aide d’un clavier d’ordinateur et d’une imprimante. Nous sommes donc partis avec un Livret de voyage recensant les points à voir, les lieux à visiter, le trajet et les adresses de nos hébergements. Bien pratique.

Les Bed & Breakfast

Si l’on excepte le Danabel, le tout premier B&B dans le joli petit port de Kinsale, rien à dire sur les B&B, ils sont propres, bien équipés, les hôtes sont charmants, accueillants et parfois offrent de jolis surprises. Ceux qui nous ont laissés un excellent souvenir ?

  • Le Heron’s Cove, au fond d’une crique sur Mizen Head. Calme, une jolie vue de la grande chambre, une excellente nourriture, nous y retournerions bien pour plusieurs jours
  • An Portan Guest house, au bout de la péninsule de Dingle, un petit paradis
  • Waterfront Rest B&B, à l’ouest du Connemara, en bord de mer et sa charmante hôtesse française
  • Woodside Lodge B&B, toujours dans le Connemara et là aussi avec un hôte français et qui plus est, était dans la même classe qu’Isabelle !
  • Lodge Ballinascorney Upper, au milieu des monts de Wicklow et à 18 kms du centre de Dublin, au milieu des daims, magique !
  • Seashells B&B, près de Waterford avec vue sur la plage

Les routes

Irlande, conduite à gauche. Aucune difficulté, il suffit d’être vigilant, en particulier lorsque l’on quitte un parking car le trafic vient de la droite… Par contre, Isa a eu besoin d’un peu de temps pour s’habituer à voir des véhicules débouler en face d’elle ! Et les irlandais roulent vite ! Surtout que les routes sont étroites, très étroites, impossible de se croiser. Heureusement, il y a souvent des passing places, des espaces sur le bas-côté permettant de se croiser. Et de se saluer ! Courtoisie irlandaise !

Autre exemple : Les routes étant sinueuses, impossible de doubler un vélo. Pas de problème, les irlandais patientent derrière le cycliste pendant plusieurs kilomètres si nécessaire. Au mieux, le cycliste se gare sur le bas-côté, les voitures le saluant de la main. Cordialité irlandaise.

L’état des routes ? Si les nationales sont en bon état (ou en cours de rénovation), les petites routes sont dans un état déplorable, elles sont défoncées, pleines de nids de poules, affaissées. Les voitures et les camions rebondissent de droite à gauche, toujours à fond de train ! Et c’est sans compter les moutons en liberté !

La nourriture

Bon. Le matin, c’est un gros petit déjeuner : soit une omelette de 4 œufs avec fromage râpé, crème et émincé de légumes soit le classique Irish breakfast avec un œuf au plat, une ou deux petites saucisses, une portion de beans (haricots à la sauce tomate), du bacon (excellent), une galette de pommes de terre, des champignons à la poêle, une demi-tomate en décoration et deux tranches de pudding (boudins) blancs et noirs, le tout accompagné de café ou de thé et d’un verre de jus d’orange. C’est gras et un peu lourd à digérer, n’est-ce pas Isa ?

Le midi, nous allions dans des supérettes comme Centra, Spar et souvent chez SuperValu. A l’intérieur, on trouve de tout, comme une supérette française mais avec un comptoir supplémentaire où l’on se fait servir une barquette de salade à la demande (coleslaw, poivrons, maïs, salade verte ou de la viande genre pilon ou des ailes de poulet frits. Très pratique.

Le soir ou le midi si la météo nous interdit le pique-nique, c’est resto. Et là, le choix de l’assiette est plutôt mince :

  • Fish & chips. Frit donc mais avec du poisson de bonne qualité
  • Le saumon. Délicieux saumon irlandais ! Soit frais soit fumé, c’est toujours un plaisir !
  • Fish & chips, en friture…
  • Irish stew, un genre de bourguignon de mouton à la Guinness, plutôt bon mais rare
  • Fish & chips, quand le choix se réduit
  • Côtelettes de mouton au grill, excellentes
  • Fish & chips, si on aime
  • Viande de bœuf. bouilli, pas bon. Une fois, j’ai eu une entrecôte juste cuite comme il faut, gouteuse, un vrai régal
  • Fish & chips, en dernier recours mais c’est bon !

Les pubs

Bah oui, aller en Irlande, c’est boire une Guinness dans un pub ! Et découvrir cette convivialité irlandaise ! Alors bien sûr, il y a le plus connu, le Temple Bar dans la rue Temple Bar à Dublin.

Mais c’est aussi aller dans ces pubs de petite ville, de village où les gens viennent en famille avec femmes et enfants ou même tout seul ou toute seule comme ici dans une petite rue dublinoise.

Les maisons neuves

Évidemment, tout le monde connait ces maisons irlandaises colorées. Mais ce qui est surprenant, c’est de voir ces maisons peintes comme si elles étaient neuves et ce, presque partout, un peu moins à l’intérieur des terres malgré tout. Les pelouses sont tondues à l’anglaise, les jardins joliment décorés, un plaisir à regarder. Mais pourquoi cette sensation de « maisons neuves » ?

La raison nous a été donnée par une française vivant en Irlande : Les intempéries obligent les propriétaires à repeindre leurs maisons tous les 3 ans. Ils le font eux-mêmes au printemps, lorsque la saison des grosses tempêtes commence à se calmer. C’est également la raison pour laquelle il n’y a pas de fleurs, elles ne résistent pas à la violence des vents !

Il y a une autre raison, moins visible pour les vacanciers de passage. A cause du réchauffement climatique, beaucoup d’américains ayant les poches pleines de dollars reviennent en Irlande, le pays de leurs ancêtres. Pour la même raison, beaucoup de riches européens s’installent en Irlande. Ces nouveaux arrivants se font construire ou rénovent de belles demeures et en profitent pour décorer leur jardin. Par fierté, les irlandais font de gros efforts pour avoir de belles maisons, pour rivaliser avec ces nouveaux riches irlandais.

Ce qui nous a surpris

Un climat pas si pire, une température autour des 14 degrés, des pluies fines mais de courtes durées, du vent. Malgré tout, nous avons eu aussi un aperçu de ce qu’est une tempête en Irlande.

Surprise aussi à propos des prises électriques (grosses, les prises et sécurisé par un fusible) qui ne fonctionnent pas toujours. Pourquoi ? Elles sont équipées d’un interrupteur, le bouton rouge sur la prise de droite.

Les douches nous ont surpris par un faible débit de l’eau. Pas d’explication, si ce n’est un système de pompage individuel… Il faut dire que nous prenions des B&B dans des coins paumés et pas en centre ville.

Grosse différence avec la France, nous avons vu très peu d’interdiction, de restriction, d’où une sensation de liberté. Pas de barrière le long des falaises, parfois un panneau d’avertissement voire de limitation.

Sur les petites routes, on ne change pas de limitations de vitesse en permanence comme en France. Ici, c’est 80km/h, à toi d’adapter ta vitesse en fonction du trafic, de l’état de la route et c’est plutôt responsabilisant et absolument pas infantilisant. Et ça, c’est TRÈS agréable.

Enfin, il y a des zones où le gaélique est prépondérant, le Gaeltacht. C’est principalement dans le Connemara, dans les Comtés de Galway, Donegal , dans l’ouest de Mayo et dans certains coins du Kerry. Le Gaélique. Langue celtique dont est issu le breton par exemple. Mais c’est une langue à part entière, difficilement compréhensible (voir le panneau de la Wild Atlantic Way en haut de ce post).

Mes deux ou trois regrets

Le premier est de n’avoir pu boire une Guinness au Blue Loo, ce pub de Glengariff dans lequel nous avions déjeuné sur ses bancs, il y a une trentaine d’années. Littéralement, Blue loo signifie Les chiottes bleues. Le but est évidemment d’aller vérifier !

L’autre regret est de n’avoir pu aller au Gap of Dunloe. Il s’agit d’un col entre des vallées au centre du Ring of Kerry. C’est une petite route absolument charmante avec un pont de pierre mythique. Pourquoi n’avons-nous pu y aller ? A cause de la surexposition touristique du Ring of Kerry. Cette petite route est « privatisée » par des petites calèches tirées par un cheval. Comme la route est très étroite, on reste derrière le cheval. De plus, il semble que la route soit fermée après le pont donc avec un demi-tour obligatoire, toujours derrière une calèche. Bref, de grands parkings, pas d’interdiction mais de « fortes recommandations » qui n’incitent pas à passer le Gap of Dunloe par ses propres moyens.

Cette sur-exploitation touristique, nous l’avons vu également à d’autres endroits, comme les falaises de Moher, un peu avant Galway. Un grand parking payant, des emplacements pour les cars déversant leur cargaison et de longues files de touristes sur le chemin vers les falaises. Idem pour les falaises de Slieve League. Là, on trouve un parking et une route fermée par une barrière plusieurs kilomètres avant le point de vue. C’est la seule fois où l’on a payé et franchement, on ne l’a pas regretté. La vue est somptueuse, aérienne, bien plus belle que les falaises de Moher.

Nous n’avons été en Ulster, l’Irlande du Nord et sa chaussée des géants, entre autre chose.

Conclusion de ces vacances irlandaises

Que reste-t-il de ces 21 jours, de ces images immortalisées par plus de 4000 photos, de ces impressions, ces sentiments partagés ? Un très beau pays, une sensation de sérénité émane de ce pays balayé par des vents parfois violents, baigné par des eaux transparentes mais un peu plus que fraîches. Un sentiment de liberté aussi.

Et une très forte envie d’y retourner, de passer plus de temps au Heron’s Cove, dans la péninsule de Dingle, de flâner entre les lacs du Connemara, de remonter encore plus au nord du Donegal et bien évidemment, écouter les musiciens dans les pubs tout en dégustant des Guinness !

Enjoy !

Épilogue des vacances 2021

On reprend ce mécanisme mis en sourdine en 2020, Léon reprend le clavier à Isa pour l’écriture d’un épilogue sur ces 3 semaines de vacances, du vendredi 20 aout au dimanche 11 septembre 2021.

11 septembre 2021 

Aujourd’hui, 11 septembre. Comment oublier cette date, cet après-midi d’il y a 20 ans. Vers 15h00 de ce jour-là, je décrète une pause dans ce cours que j’anime à Libreville, au Gabon, chez un opérateur Télécom local. Une secrétaire m’interpelle et me montre cette image que tout le monde a vu et que nous revoyons encore et encore, 20 ans après. Oui, comment oublier ?

Mais ce n’est pas le sujet de cet article consacré à l’épilogue de nos vacances 2021 en Bretagne, dans le Finistère sud et encore plus précisément autour de la pointe de Trévignon.

En fait, tout a commencé pour moi une semaine avant par une biopsie de la prostate qui a évolué en une infection urinaire prostatique soit 4 jours d’hôpital sous haute surveillance. Le reste de la semaine a suffit pour me remettre sur pied avec comme remède, outre des antibios à haute dose, quelques belles tranches de tournedos.

Le trajet

Le Finistère pour nous, c’est 1100 km de routes, sans autoroute et avec une remorque large comme un porte-avion sur laquelle se pavanent deux magnifiques motos. Passons rapidement sur l’épisode du fossé sournois : la route était étroite, il fallait faire un demi-tour à cause du co-pilote occupé sur son smartphone et du pilote à l’heure de la sieste, tout ceci fait que boum-boum-badaboum, une tête d’attelage et une ferrure d’attelage à changer. Tout ça pour ne faire que quelques virées à moto sur place. Bref, c’est certainement la dernière virée de cette remorque et de son chargement.

Sinon, cette traversée de la France reste un moment agréable, de beaux paysages, des routes droites et plates ou des routes droites et ondulantes mais dans tous les cas des routes droites, entrecoupées de belles forêts, de champs interminables plantés de châteaux d’eau (constructions inconnues dans notre région), de pylônes de télécommunication mais aussi de charmants villages, de leurs églises et de leurs mairies. Bref, c’est la France et c’est un beau pays que l’on traverse toujours avec plaisir, le voyage conjuguant le trajet ET la destination.

Le camping

Il s’agit du terrain de camping de l’Océan, situé à coté de la plage de Raguénès sur la commune de Névez, camping familial, calme, propre et face à la mer au-dessus de la plage de Raguénès. Pas de buvette mais une piscine couverte et chauffée bref, un havre de paix. Comme prévu, nous avions emporté une petite tente Décathlon 2 secondes pour que la petite Maud passe une nuit sous la tente comme elle me l’avait demandé au fil des mois depuis l’année dernière « tu n’oublies pas ma tente ». La voir sauter de joie autour de la tente fut une juste récompense 🙂

Le matin au petit déjeuner

La famille

La petite famille

Que dire d’autre que « ils sont mignons et adorables » ? C’est un vrai bonheur de voir ces petits, ils sont heureux, ils vivent dans un endroit charmant, ils ont des parents aimants et attentionnés avec lesquels ils vivent des choses que peu d’enfants vivent.

Une séquence mémorable fut de voir Vincent préparer le repas du soir, allant et venant de l’évier à la table de cuisson, un gamin accroché à chaque jambe tout en discutant avec nous et en restant totalement zen. Belle performance mon garçon !

Un père et son fils, après la baignade

Évidemment, nous ne les voyons pas souvent, ces moments partagés n’en sont que plus jouissifs !

Isabelle et le petit en « fonte »

Un grand-père et sa petite fille, hilare, dans sa jolie combinaison

La gastronomie

Évidemment, la marée ne monte pas souvent jusqu’en Savoie. Alors là, nous en avons profité laaaargement 🙂 Crustacés pour Isa et poisson frais pour moi à tous les repas pendant quasiment tout le séjour ! Recommandons à ce sujet Mon petit poissonnier au 4 rue du Rouz à Concarneau. Outre le prix (la moitié de ce que l’on paie en Savoie), c’est aussi un arrivage quotidien par les pêcheurs locaux. Du frais, rien que du frais ! Le plateau de fruit de mer avec ces deux homards, hum…

Huitres, langoustines, bigorneaux, bulots et homards, le tout accompagné d’une bouteille d’Entre-deux-mers et de mayonnaise maison

Pourquoi un tel repas ? Pour les 25 ans de Roxane, nos 10 ans de mariage ainsi que les 2 ans du petit Marin.

Oui, il faut « flouffer » fort !

Ah oui, il y a eu aussi une découverte, celle des saucisses Hénaff (oui, comme le pâté), excellentes saucisses pas grasses et que l’on peut accompagner d’une spécialité locale, les Mergueizh, des merguez au porc ! Ils ont le sens de l’humour chez Henaff !

Bien sûr, il y a eu aussi les crêpes et les galettes, les madeleines et les palets de la Biscuiterie de Concarneau, les conserves Courtin mais pour tout ceci,  un pudique silence 🙂

La mer, bien sûr

La mer. On s’y baigne, parfois. Mais si le premier bain a eu lieu dans une eau à 17 degrés (et encore, suis certain que le tempéromêtre était en panne ! ), le dernier fut très agréable !

Le seul jour avec des vagues !

La mer, on s’y promène dessus, même qu’Isa a trouvé cette nouvelle expérience agréable grâce à Lionel et sa barque à moteur et que si la promenade sur l’Aven fut très chouette, l’ouverture sur le large fut bien tentante. La prochaine fois peut-être…

L’embouchure de l’Aven et du Belon à Port-Manech et l’ouverture sur le large !

Oui, sur cette dernière photo, on s’aperçoit que la mer est en pente, ce qui est nécessaire pour le ski nautique.

Et la nuit !

« Nuit de Chine, nuit câline, nuit d’amour » dit la chanson. En fait, ce fut surtout des nuits sans lune ou presque et donc, le nez en l’air pour observer le ciel sans quasiment de pollution lumineuse. Isa s’en est donnée à cœur joie.

La Voie Lactée à Raguénes

A la pointe de Trévignon avec au fond (peut-être) le phare d’Eckmühl

De la digue de la pointe de Trévignon, son petit port

La soirée lyrique

On ne pouvait pas manquer ça ! Aller voir et écouter Roxane en concert à un jet de pierre de notre résidence ! Tout a commencé un soir où nous dinions en famille, Roxane accueillait une  amie et collègue, mezzo-soprano. C’est ainsi que nous avons fait connaissance de Laia Cortes Calafell. La surprise de cette fille lorsque Isabelle lui a spontanément avoué que sa culture musicale se limitait à AC/DC et Led Zeppelin !

La semaine suivante, rendez-vous au Manoir du Stang à La Forêt-Fouesnant où Roxane Chalard, Laia Cortes Calafell et Andoni Aguire leur pianiste nous ont offert un concert de chants lyriques, passant de Georges Bizet à Gabriel Fauré mais surtout autour de morceaux de compositrices telle que Maria Malibran, Pauline Viardot et Mélanie Bonis, des Femmes de légendes.

Bien sûr, j’ai grandi dans l’univers musical du belcanto et des chansons napolitaines de mon père ainsi que de Mady Mesplé du coté de ma mère. Peut-être est-ce cet héritage qui fait qu’écouter Roxane chanter me procure une intense émotion. Les larmes coulaient sur beaucoup de joues, ce soir-là.

Une belle complicité entre ces deux belles chanteuses

De la sensibilité, de l’émotion mais aussi du coffre !

Les petites filles des chanteuses admiratives de leurs mères, adorable !

Prend garde à toi ! Laia Cortes Calafell ne pouvait pas ne pas chanter Carmen de Bizet !

Le dernier morceau chanté en solo par Roxane (Songe, de Melanie Bonis ? ) waouh…

La joie des petites apportant le bouquet final à leur mères sous le regard attendri du pianiste !

Le climat breton

Il est bien connu qu’en Bretagne « il ne pleut que sur les cons« . Alors on ne doit pas trop l’être car lors de notre séjour, ce fut comme à chaque fois qu’Isabelle vient en Bretagne, plein soleil et tempête de ciel bleu !

Une chose nous interpelle aussi, une grosse différence par rapport à la vie dans notre pays savoyard, la durée de la journée. En effet, outre les montagnes qui cachent l’arrivée du soleil le matin et qui précipitent son départ en fin de journée, s’ajoute un décalage de longitude d’environ une heure entre le Finistère et la Savoie. Résultat, le soleil illuminait notre maison ce matin vers 9h30 et disparaitra vers 18h30 soit un déficit de lumière par rapport à Concarneau de plus de 3 heures en septembre ! ! ! Le manque de luminosité ne nous a jamais paru aussi important, voire même déprimant !

Les routes bretonnes

Dernier point qui nous a plus d’une fois plongé dans un océan de perplexité, à savoir la disparition de routes ou leur réapparition, peut-être due à l’existence des korrigans, des lutins ou des fées en tous cas, nous n’avions plus nos montagnes pour servir de repères. Des demi-tours en pagaille, un passage par la pointe de Trévignon jusqu’à 10 fois par jour, des directions de villages à droite et à gauche sur un même carrefour, dire que nous nous sommes perdu mille fois est un doux euphémisme. Assurément un coup de Mélusine, Merlin ou leurs copains les korrigans !

Conclusion de l’épilogue

Cet article est le 140ème depuis 2017 ! Que de beaux souvenirs de vacances !

Et pour nos abonnés et amis, un grand « merci » de nous suivre dans nos délires, pour vos commentaires et à bientôt pour de nouvelles aventures !

Épilogue de cette semaine dans les vallées cévenoles

Déjà terminée cette semaine ? Nous qui pensions que le temps s’écoulait lentement dans les Cévennes…

Les lozériens. Tranquilles, patients, serviables, respectueux, qui te remercient quand tu les laisses passer, un véritable accueil. Vrai tout particulièrement pour Hervé, notre logeur, un garçon adorable.

Les routes. Là, c’est le point noir. La Nationale 106 coupée nous a obligé à prendre moult toutes petites routes tournicotantes ne permettant que des vitesses de l’ordre de 25 à 30 km/h, parfois moins ! De plus, une multitude de petites routes étaient également coupées par des affaissements de terrain quelquefois spectaculaires. Evidemment, les gens du coin roulent vite sur ces routes mais ça se passe plutôt bien. Sauf cette connasse sur une route escarpée dans son énorme 4×4 noir au milieu de la route à 2 à l’heure avec comme excuse « j’ai le vertige », le tout accompagné d’un sourire genre je me fous de ta tronche !

Les chemins. Là, c’est… c’est mitigé. Déjà, Leon avait bien pris sa tablette avec le logiciel « kivabien », le support de tablette adapté, le roadbook des Cévennes MAIS il a oublié de charger les bonnes cartes numériques et surtout la trace qu’il avait acheté qq jours auparavant ! Heureusement, Hervé (notre logeur) nous a indiqué une petite balade commençant par un tunnel puis la liaison entre le Col de Jalcreste et la D35. Oui mais voilà, piste coupée suite aux intempéries et donc demi-tour ! Reste une jolie découverte des Menhirs des Bondons (voir la vidéo) avec une petite piste qui nous a amené sur une belle prairie. Chouette balade !

Le confinement. Les lozériens le respectent bien. Il est courant de ne pouvoir entrer qu’une personne à la fois dans les commerces. Bilan : 1 mort. Un lien de cause à effet ?

Le gite. Loin du monde moderne (quoique, nous verrons plus loin), nous n’avons pas allumé la télé de toute la semaine, déconnexion totale. Gite confortable, une sensation de bout du monde. Déconnexion totale ? Pas tout à fait car le wifi nous a permis tout de même de rester en lien avec la Terre entière. Pour le reste, autrement dit le reste de l’univers,  nous avions le télescope d’Isa et surtout celui d’Hervé, un gros Dobson dont le seul miroir pèse une cinquantaine de kilos ! Ce gars nous a permis de voir une supernova à 2300 années-lumières de la Terre, nous a expliqué des tas de choses comme par exemple le fait qu’il a mis en route en permanence des caméras pointées vers le ciel afin d’observer (et enregistrer) des bolides (ce que l’on appelle aussi étoiles filantes)  et qui lui permettent de calculer leur trajectoire et l’endroit où elles tombent ! Maitrise de la trigonométrie obligatoire ! Mais il fait aussi de la radioastronomie et vient d’obtenir son certificat de radioamateur. Le lien entre ces deux activités ? Il utilise les queues de comètes comme réflecteur pour faire rebondir un message numérique et ainsi communiquer avec quelqu’un de l’autre coté de la Terre ! Mais ce garçon n’est pas qu’un geek ou un rat de laboratoire, il a aussi refait lui-même les deux gites et sa maison et nous a raconté l’histoire de sa famille, la ferme de ses arrières grands-parents enterrés sur leur terrain et dont les tombes sont toujours entretenues par les propriétaire actuels.

Conclusion. Ces vallées cévenoles sont parfaites pour qui a besoin de d’isoler pendant quelque temps, la fraicheur de ses sous-bois est parfaite en cette période de canicule. Et le gite des Esperelles, un lieu magique et ressourçant.

Épilogue des vacances 2019

[Leon]Isa reprend une idée des vacances 2017, à savoir : « Leon, et si tu écrivais l’épilogue de ce voyage ? » Donc, je m’y mets 😊

Nous étions partis pour 2 à 3 semaines de vacances avec comme projet la Hongrie que nous avions visitée il y a 8 ans et surtout une visite impromptue à Niederkapel, siège de l’entreprise dans laquelle travaille Isa et bien sûr, rencontrer ses collègues autrichiens. Globalement, le contrat est rempli ! Nous sommes passés par la Suisse, l’Autriche, la Hongrie, la Slovaquie, l’Allemagne, l’Italie.

En deux mots, de grands moments de rigolades, de bien beaux paysages et un GPS auquel on a signifié son licenciement.

La Suisse

Que dire de ces deux cols, le Grimsellpass et le Furkapass ? Grandiose ! On les connait bien maintenant mais à chaque fois, c’est whaaaaa ! ! ! On y repassera certainement, surtout que l’on a trouvé un petit hôtel à Oberwald très agréable.

Mais la traversée de la Suisse, c’est loooonnnng comme un jour sans pain. Malgré tout, on avait prévu de la retraverser pour le retour mais la météo en a décidé autrement.

Le Danube

Quel beau fleuve ! Et disons-le tout de suite, il n’est pas bleu. Johann Strauss devait avoir fumé une pipe d’opium pour le voir bleu car il est plutôt (Pluto, c’est le chien) marron, terreux, limoneux quoi ! En Hongrie et en Autriche, il est large, ses méandres bordés de rives vertigineuses forcent la mélancolie. Le trafic fluvial est important, que ce soient les péniches ou les bateaux de plaisances. Les péniches. Rien à voir avec nos petites « Freycinet » de 39mètres de l’homme du Picardie non là, on est dans les gros gabarits de plus de 100 mètres de long, parfois avec deux péniches en parallèle. Les voir manœuvrer dans les lacets du Danube est assez impressionnant. Quant aux bateaux de plaisance, on voit aussi bien un gars en kayak se battant contre le courant, qu’un petit transbordeur transportant deux voitures ou qu’un gigantesque palace flottant où l’on peut séjourner plusieurs semaines ! Mais un jour ou deux, ce doit être sympa, n’est-ce pas Isa ?

Bratislava, en Slovaquie

Cette ville m’a fait rêver, sans savoir pourquoi. Peut-être le mot « slave » … Je voulais y passer, voir cette ville, circuler dans ces rues piétonnes, la comprendre. Eh bien, c’est raté ! Impossible de se garer, les parkings ne sont pas faits pour un 4×4 ! Il faudra y revenir en train. Ou en bateau, car cette ville est construite sur le Danube…

Ceci dit, j’ai bien aimé cette ville située dans une boucle du fleuve et autour d’une colline surmontée d’un château. Une vieille ville avec ses bâtiments datant de la période communiste, son réseau très largement étendu de tramway mais aussi une ville nouvelle avec ses immeubles modernes affichant les marques de produit high-tech.

Les slovaques ont l’air accueillants, bienveillants. La révolution de velours s’explique. Par contre, on est toujours sous l’influence de l’ex empire austro-hongrois, au moins pour la cuisine : Le « Wiener Schnitzel » est toujours à la carte du plus vieux restaurant de la ville (Leberfinger) où nous avons bien déjeuné.

Les frontières

Passer d’un pays à l’autre, c’est passer d’une culture à une autre, d’une langue à une autre, souvent d’une monnaie à une autre. C’est passer d’un monde à un autre, d’un système de lois à un autre système de lois. Et le passage en douane permet de matérialiser cette transition. Franchir une frontière, c’est une cérémonie, un rite de passage. Une frontière n’est pas un mur, c’est justement ce passage. Le fait de ne plus avoir de frontière nous a fait perdre cette étape majeure du voyage, comme une perte de repère, une perte d’identité, la faisant passer pour une perte de temps, une limite à la liberté de circuler, à l’unification.

Unification, uniformité ? Peut-être. D’ailleurs, on retrouve partout les mêmes enseignes : Auchan, Decathlon, Spar, Coop et bien sûr, le symbole absolu de la culture du « vite fait mal fait » : Mc Donald. Et dans les rayons des épiceries, on y retrouve les yaourts Danone, les bouteilles d’eau Volvic… Il devient de plus en plus difficile de trouver une véritable identité à chaque pays. Cette mondialisation sauvage, ce commerce international à la recherche du profit partout et à tout prix (atout prix ?), cette Europe, ce monde nivelle tout y compris ce qui fait de nous un être unique, un peuple, un pays, au risque de se voir traiter de raciste, d’extrémiste en tous genres. La diversité de notre monde, de nos cultures, de nos langues, fait la richesse de ce monde.

Une frontière territoriale doit être ouverte, permettre la circulation des biens et des personnes tout en contrôlant cette circulation afin de respecter les lois en vigueur. Rappelons-nous qu’il n’y a pas de vraie liberté sans loi.

/Léon

ps d’Isa plus de photos ici :

Hongrie – Couchers de soleil

2019 – Septembre Slovaquie

Septembre 2019 – Hongrie

Aout 2019 – Autriche

Aout 2019 – Suisse

 

Epilogue

[Leon] Si en deux mots nous devions résumer ce voyage nous dirions : « Nous voulions partir en Bretagne puis en Angleterre mais, vu la météo, nous avons décidé d’aller en Grèce en traversant l’Italie. Les traversées de retour étant impossibles, nous sommes donc allés en Croatie, Bosnie-Herzégovine et  Slovénie. » Bref, une impréparation totale générant des  erreurs (arrivée sur une île en Croatie), on s’est perdu un nombre de fois impressionnant parce que nous n’avions pas les bonnes cartes routières (et un GPS incomplet) et surtout, surtout aucune préparation sur l’histoire complexe de région.

Malgré tout, ce fut un très beau voyage qui nous laissera de très bons souvenirs. Celui-là, on ne l’oubliera pas !

Mais nous devons en tirer quelques enseignements :

L’Italie

Nous ne prenons jamais l’autoroute et cette fois-ci, nous avions le LandCruiser et la remorque sur laquelle se trouvait les deux Bullet. De même, nous évitons les grandes villes (Turin et Milan par exemple) et leurs embouteillages. Les villes italiennes sont un concentré d’histoire et souvent, le centre ville est interdit de circulation. Le stationnement est également problématique, surtout lorsque l’on tente de se garer avec une remorque… Dans certaines régions, les petites routes blanches sont mal entretenues et étroites, ce qui n’est pas du goût de la remorque. Reste les routes marquées « SS » qui sont de bonne qualité comme les SS24 et SS25 de Susa à Turin, la SS10 de Turin à Venise en passant par Piacenza est également un bon plan.

La Croatie

Ça faisait un moment que ce pays nous attirait. Et puis il y a eu le voyage de Boubousoeurette qui a achevé de nous convaincre. Pas déçu, c’est un beau pays, moderne (des DAB partout, du wifi partout et sans être obligé d’entrer ses coordonnées personnelles), des routes en très bon état, l’anglais est la langue en usage dans les centres touristiques et un peu moins en dehors de celles-ci, bref, un pays très accessible. Malgré tout, on peut couper ce pays en deux : la côte, vraiment jolie et très (trop ?) touristique, des plages de galets/rochers ou au mieux de graviers, impossible de s’arrêter le long des routes (pas de zones disponibles) et le reste du pays avec ses traces du conflit de la fin de la Yougoslavie. En résumé, un sentiment de jolie carte postale.

La Bosnie-Herzégovine

Très belle découverte que ce pays. Et une grosse envie d’y retourner, d’aller plus en profondeur. Évidemment, peu de touristes mais de jolis paysages, des gens accueillants (et tout particulièrement Davor), les traces de la guerre visibles partout, comme si les habitants voulaient garder à l’esprit ce conflit fratricide. Là, on est loin de l »Europe Communautaire, malgré une nouvelle autoroute ici et là, quelques nouveaux riches dans leurs Mercedes flambant neuves.

La Slovénie

Là aussi, surprise totale : J’y étais passé en 1980 pour aller en Grèce et nous avions fait demi-tour (des carcasses de voitures le long des routes, des flics à la limite de l’agressivité, une population pas accueillante) et un même sentiment il y a 6 ans, en 2011 dans la partie Est du pays. Mais l’Europe Communautaire est passée par là et c’est un tout autre pays que nous avons traversé. On paye en euro, des routes en parfait état, des voitures récentes (exit les poubelles roulantes), des maisons rénovées partout, des touristes évidemment et la découverte qu’il faut payer partout. Tout se monnaye, la place de parking au milieu de nul part, la vue d’une cascade, etc. L’ubérisation est en marche aussi, tout le monde loue une chambre, une maison.

[Isa] Toutafait d’accord avec Gérard sur ce résumé. Ah oui, je rajouterais, de faire attention aux forfaits mobiles, il m’en a coûté  une somme assez rondelette pour ne pas avoir coupé les data en Bosnie (12,40 € le mega), alors que ces mêmes data étaient compris dans le forfait dans les autres pays.

Vivement les prochaines ! (vacances) 😉 On y réfléchit déjà.

Liens les vers photos :

Vacances 2017 – 1ère partie

Vacances 2017 – 2ème partie